« La seule personne qui soit éduquée,
c’est celle qui a appris à apprendre et
…à changer »
Carl Rogers Freedom to learn
Il a été souvent mis en évidence que ce qui fera à l’avenir la différence entre ceux qui réussissent et les autres ce sont la connaissance des langues et l’apprentissage des technologies. Ce que l’on commence à mettre en évidence depuis une dizaine d’années, c’est que l’esprit de “self-leader” ou l’esprit de (s’)entreprendre sera un élément essentiel qui – au-delà de tout – fera la différence.
La connaissance des langues ou des technologies ne serait d’ailleurs pas d’un grand secours si l’on ne sait pas comment prendre sa place dans les changements et dans les challenges de son époque.
Nous sommes, tous, confrontés au quotidienà la technologie pour vivre normalement: badge à l’entrée de l’entreprise, retrait d’argent aux guichets automatiques, recherches de produits et de vacances sur Internet, carte d’identité à puce etc… Mais ce qui fera la réelle différence entre tous, c’est le niveau de responsabilité, d’autonomie, d’audace et l’esprit d’initiative que nous mettrons en avant pour réaliser notre vie professionnelle et privée.
Plus encore, nous serons évalués sur la cohérence entre nos paroles et nos actions.
Dans la troisième vague, la vague de l’information, la parole était « maîtresse » et parfois suffisante. Être capable de dire les choses pouvait nous faire gagner.
Dans la quatrième vague (la vague de la productivité, la limite ne se situe plus au niveau du « dire », elle se situe au niveau du « faire » et du « être ».
Il ne suffit plus de dire « je suis indépendant », le système nous rattrape vite, si nous ne sommes pas capables de vivre indépendant. Le manager ne peut plus se contenter de dire « je suis un manager participatif », il doit être capable d’agir de manière participative avec son équipe. Les individus sont mieux formés et plus exigeants.
La société attend de chacun qu’il soit « self-leader » , leader de lui-même, sachant apporter des réponses relationnelles au niveau de l’être, du savoir-être, du vouloir-être, du pouvoir-être, du devenir.
D’où l’errance de générations à la recherche de nouveaux modèles de société encore inconnus, où tout est encore à construire et pour lesquels les termes « changement, évolution, développement », sont aujourd’hui posés.
Comme nous l’avons déjà dit plus haut, les mots structurent nos pensées et nos actes.
Faisons un détour par l’origine du mot « communication », du latin « cum-munare », mettre en commun.
« Communion » se retrouve dans le vocabulaire aux alentours du 14éme siècle. A cette époque il est utilisé pour exprimer le fait qu’un homme et une femme mettaient leurs biens en commun « pour faire un long bout de chemin ensemble ». « Communion » devenu plus tard « communication » était dans sa première acceptation synonyme de « mise en commun ».
Dans la réalité des relations humaines, nous éviterions bien des périls si nous vivions cette mise en commun d’un héritage éducationnel et culturel « pour faire un long bout de chemin ensemble ». Personne ne se rencontre «vierge» de toute expérience de communication, chacun s’approche avec la valise contenant son histoire et la dépose au pied de son interlocuteur. C’est en l’ouvrant que les visions du monde, les valeurs, les croyances de l’un et de l’autre se découvrent et se reconnaissent. Ou non. C’est tout l’enjeu de l’engagement mutuel.
La signification du mot « communication » s’est adaptée aux époques qu’il a traversées.
À l’ère industrielle, « communiquer » est devenu « faire passer un message d’un point à un autre ». Il a été confondu à cette époque avec « moyens de communication ». C’est l’arrivée des avions, et voitures, de la poste et du téléphone. La communication interpersonnelle est calquée sur ce modèle : faire passer un message. Le management en est une bonne illustration : le management est directif et la notion de « feed-back » encore inconnue dans le domaine de la communication.
Ce n’est qu’à l’ère informatique que cette dimension commence à exister dans l’échange entre deux personnes : le retour de l’information.
Communion, mettre en commun.
Moyen de communication, transmettre[1].
Communication, établir une relation avec autrui[2].
A retenir
L’avenir exigera de la congruence entre nos paroles et nos actes.. Les « self-leader » communicateur seront capables d’établir de vraies relations avec leurs interlocuteurs et auront dépassé les schémas communicationnels précédents (unilatéral).