Bien souvent, l’engagement revêt une composante négative et pourtant aucune vie, aucun projet n’aura du sens sans un engagement réel.
L’engagement dont il est question ici n’est pas l’illusion de l’engagement : « Dis-moi que tu m’aimeras toujours», « Promets-moi que nous c’est pour la vie ». Parallèlement, dans le monde du travail, un employé « engagé » ne doit pas entendre par là que l’entreprise a ledevoir « éternel » et « inconditionnel » de garantir un emploi à la personne. L’emploi à vie date d’une époque révolue.
Engagement et éternité sont souvent confondus, mais, contrairement aux idées reçues, ils ne font pas toujours bon ménage. Ces formes d’engagement – dans l’obligation– ne favorisent ni le développement personnel ni le dépassement de soi. C’est au contraire un moyen de stopper sa progression que de mettre ses pantoufles dans le confort. Quel que soit le domaine de la vie, la sécurité est rarement au service de la croissance. Chercher par tous les moyens de se rassurer, c’est, une fois encore, s’en remettre à un pouvoir à une situation extérieure à nous. La seule assurance véritable est celle que l’on se donne à soi.
Un couple qui se réfugie dans la certitude que l’un et l’autre seront toujours là, et
qui ne se remet pas en cause, c’est un couple qui rejoindra un jour où l’autre les
statistiques des divorces.
L’engagement n’est pas une prison ou une promesse d’éternité ; il devrait au contraire
être un gage de liberté.
S’engager, ce n’est pas s’engager sur un résultat.
S’engager, c’est s’engager sur un moyen.
S’engager, c’est s’engager à mettre le meilleur à la disposition du projet, à y être attentif quoi qu’il arrive, à faire ce qu’il faut pour amener les actions correctrices à avancer vers la réussite.
Faire les choses à contrecoeur, ce n’est pas s’engager, mais, sans doute, plutôt répondre
à l’attente des autres. Si la voie choisie ne semble plus être la bonne, l’engagement
signifie : oser dire les choses justes, oser poser les actes justes.
Un deuil à faire : l’engagement ne supporte pas le doute
Le doute est le pire ennemi de tous les projets. Dès que l’on introduit le doute dans un projet, l’engagement s’en va : l’un et l’autre sont incompatibles. Car en réalité cela veut dire que l’on doute de soi, de pouvoir donner le meilleur pour atteindre l’objectif.
L’engagement à 99,9 % n’est pas suffisant. Etre engagé à condition que cela marche est une excellente manière de mettre la charrue avant les boeufs. tre engagé à moitié, c’est ne pas être engagé.
Il est aisé de comprendre la difficulté de l’engagement authentique… Et pourtant,
dans l’engagement, c’est bien de cela qu’il s’agit : s’engager à être soi, à dire vrai, à
agir vrai. L’engagement permet l’évolution.
L’engagement est exigeant de congruence : il ne suffi t pas de dire : « Je m’engage » pour s’être vraiment engagé. Qu’en est-il en réalité ?
Certains projets, certaines entreprises sont des façades d’engagement. Extérieurement tout donne à croire que nous sommes engagés mais à l’intérieur il n’en est rien.
Une personne qui signe un contrat sans en avoir lu les conditions générales, qui a
paraphé toutes les pages en se disant qu’elle n’en suivrait peut-être pas toutes les
conditions, est-elle une personne engagée ? En pensant : « Oui, mais ça, c’est du blabla,
j’arriverai bien à m’en sortir » ? Une personne qui accepte certaines conditions
pour être engagée dans une société, en se disant : « Oui, mais les horaires, on verra
bien après », alors que les horaires sont une condition sine qua non pour elle, n’est
pas une personne engagée.
Le doute est le pire ennemi des entreprises ! Cependant, il se présente à chaque diffi
culté, c’est un démon intérieur. Le rôle de ce démon, c’est de tester la solidité de
l’engagement. À chacun de ses passages, certains porteurs de projet laissent tomber.
Ceux-là n’étaient pas engagés, même s’ils le pensaient.
S’impliquer peut faire mal, mais à bien y regarder, ne pas s’impliquer fera mal de
toute façon.
Quelques bonnes idées pour s’engager plus facilement
v Etre en permanence branché sur un point de mire défini en termes de ce que l’on veut être et avoir,
v de manière régulière et les transformer en action, « Lire ses émotions »
v Oser dire « oui », « non »,
v Mettre des limites le plus rapidement quand cela est nécessaire,
v Transformer le doute en question de solution,
v En cas de crise, rester les yeux rivés sur ce que l’on veut être ou avoir après la vague,
Tiré des principes du « self-leadership pour (se) manager. Le guide des 8 principes de la réalisation…de soi », Brigitte André, aux éditions de boeck, novembre 2009